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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 10:14

TRAMONTANE 
2016    V.O.S.T.

Film libanais, français, qatarien, émirati de Vatche Boulghourjian  
Avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi...
Durée : 1 h 45 


Rabih, un jeune chanteur aveugle, est invité avec sa chorale à se produire en Europe. Lors des formalités pour obtenir son passeport, il découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents. Un mensonge qui l’entraîne dans une quête à travers le Liban, à la recherche de son identité. 
Son périple dresse aussi le portrait d’un pays meurtri par les conflits, incapable de relater sa propre histoire. Tramontane a été présenté en Compétition à la Semaine Internationale de la Critique du Festival de Cannes 2016. 
Le cinéaste a passé sa vie au Liban et voulait faire de Tramontane le symbole de son amour pour son pays. Le film lui permet de revenir sur les conséquences de la Guerre civile libanaise, qui a déchiré le pays entre 1975 et 1990 et encore aujourd'hui fortement présente. "Aucun compte-rendu officiel de la guerre n’existe à ce jour au Liban. Chaque communauté, livrée à elle-même, raconte et enseigne sa propre version de la guerre, perpétuant ainsi les vieilles rancoeurs au sein des nouvelles générations. De toute évidence, la guerre n’est pas finie, elle a juste pris une autre forme", déplore le réalisateur. 

Le cinéma libanais reste hanté par la guerre civile qui a déchiré le pays pendant 15 ans. 
Indépendant depuis 1943, le Liban fonctionne avec le "Pacte national", un système politique confessionnel répartissant les pouvoirs entre les Maronites, les sunnites, les chiites, les druzes, et les grecs catholiques et orthodoxes. Mais le Liban entre dans la tourmente lorsque, chassés de Jordanie, les combattants palestiniens de l'OLP installent leurs bases au Sud-Liban (années 70).
Pour ce cinéma né sous les bombes et les occupations, les seize années de guerre civile (1975-1991) ont marqué la mémoire collective.
Pour le cinéaste M. Aractingi, "Traiter la guerre dans le cinéma est une sorte de catharsis". Il a réalisé "Héritage" et de deux autres longs métrages, "Bosta" (2005) et "Sous les bombes" (2008), qui ont représenté le pays aux Oscars. Durant les années de guerre, deux noms ont brillé: B. Alaouié, mais surtout M. Bagdadi, avec notamment "Petites guerres" (1982) et "Hors la vie" (1991), écho de la crise des otages occidentaux au Liban.
Après 2008, Nadine Labaki, réalisatrice de "Caramel", crée avec des villageoises chrétiennes et musulmanes tentant à tout prix de dissuader leurs maris de se battre entre eux (2011, Prix du public au festival de Toronto).
Au Liban, l'histoire nationale dans les manuels scolaires s'arrête au départ des soldats français en 1946. La guerre civile n'est pas enseignée car jugée un sujet "trop sensible".

 

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Published by cinenlib
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